Encore 13 jours à tenir avant la naissance de mon troisième enfant.
Les sentiments que j'éprouve sont très confus, mélange d'anxiété, de peur de ne pas forcément être à la hauteur de ce qui m'attend ; mais aussi un sentiment de solitude, malgré tout, car cette troisième grossesse s'est faite sans la présence physique de Maman.
Physiquement, moralement, nerveusement, je craque de partout. Je n'en peux plus de ce ventre énorme que je traîne tel un boulet ; je n'en peux plus de la sempiternelle phrase que j'entends chaque jour : " Oh, mais qu'est-ce qu'il est bas, votre ventre. " Je n'en peux plus des enfants qui sont infernaux, de mon entreprise qui ne me laisse pas de répit, de ce congé maternité dont je n'ai pas pu profiter pleinement comme une salariée lambda. C'est le revers de la médaille, la face nord de l'entrepreunariat au féminin, l'aspect le plus négatif qu'il soit.
Cette grossesse, physiquement, m'a épargnéé bien des maux qui sont courants et je ne devrais donc pas me plaindre ; mais moralement, cela a été une autre paire de manche.
Je ne sais pas comment aborder l'arrivée de cet enfant que je n'ai pas voulu, qui est encore pour moi un étranger que je sens bouger et vivre en moi. J'ai peur de mes réactions à venir, peur de ne pas aimer ce petit bout qui n'a rien demandé, surtout pas à vivre. Je crois que je n'aurais jamais autant versé de larmes pendant une grossesse ; jamais je n'aurais pensé devoir affronter une telle situation, jamais.
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