Mes enfants sont blottis contre moi, confiants, heureux de vivre entourés par des parents qui les aiment, les protègent et subviennent à leurs besoins.
Cette chance, les enfants qui vivent dans la ville portuaire de M'bour ne l'ont pas et doivent subir un quotidie difficilement imaginable pour nous. Et sans le reportage de Daniel Grandclément diffusé ce soir sur Thalassa, je n'aurais pas su, pas vu et je n'aurais pas senti mon coeur de mère se serrer.
Ces enfants perdus sont jeunes, très jeunes, parfois à peine 5 ans ; ils ont été confiés par leurs parents à des écoles coraniques, et errent toute la journée dans les rues de M'bour, petit port sur la côte du Sénégal. Debout de très bonne heure tous les matins, ils passent leur journée à répéter inlassablement des versets coraniques qu'ils ne comprennent pas, mais qu'ils ont pour obligation d'apprendre par coeur, sous peine de recevoir des coups par leur maitre, leur marabout, chargé de leur éducation.
En dehors de cet abrutissement intellectuel, ces enfants errent dans les rues de M'bour, chargés de mendier, de quémander l'équivalent de 76 centimes d'euro ou de la nourriture ; on les voit effectuer les travaux les plus pénibles dans le port de pêche ; et là aussi, gare à celui qui ne parviendrait pas à remplir sa mission quotidienne, le fouet et les coups seraient sa seule récompense dans ce quotidien misérable et sans avenir.
